Le Courrier du GAMO
N° 51

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Culture, vous avez dit culture ….

Une ville de plus de 20 000 habitants, troisième du département !! Et oui et la culture ? Où en est-on ?
Certes, l’expression des habitants, leurs désirs  de création, d’action trouvent leur épanouissement dans les nombreuses associations de notre commune : les arts en tous genres, peintures, sculpture, aquarelle, encadrement, décoration, activités à l’aiguille, musique chant, danse … et autres beaux-arts sont fortement représentés dans les propositions actuelles ;
Il est pourtant un volet qui manque à ce foisonnement. Comment et où peut-on alimenter ces artistes en tous genres ? Où puiser le ressourcement de l’inspiration ?
Certes, la bibliothèque, les accès à internet peuvent enrichir les inspirations mais c’est dans les apports des spectacles, conférences, films, peintures de créateurs  professionnels que ces artistes amateurs peuvent puiser l’essentiel du renouveau de leurs œuvres.
Et quelles propositions a-t-on à Olivet ?
Au Moulin de la Vapeur (MJC), des points forts sont mis en place : le Jazz, les lectures mensuelles, les cycles de cinéma, ainsi que  des concerts ponctuels et des pièces de théâtre, répartis dans l’année.
Le festival de Théâtre au jardin, en septembre propose des spectacles pour tous.
L’école de Musique programme des conférences et des concerts régulièrement.
Mais, il n’y a pas comme dans certaines communes de l’agglomération, une troupe attachée à la ville : comme la Tête Noire (Saran), le Clin d’œil (St Jean de Braye), qui animent les ateliers théâtre, font des créations,  assurent aussi un suivi dans les projets culturels de la cité.
Autres questions : qui décide des expositions à la Salle Desfriches (l’ancienne chapelle de Ste Marie) ?
Qui choisit les artistes de ce lieu ? Qui peut postuler pour ces expositions ? La commission Culture ? Les professionnels de la vie culturelle ??
Qui organise le planning de l‘ancienne  bibliothèque (espace Charles Pensée) ? Y a-t-il un projet culturel municipal ? Où peut-on le consulter ?
Qui en a discuté ?
Qui a la possibilité d’utiliser la nouvelle salle de théâtre du Poutyl, si joliment aménagée pour 60 spectateurs ? Et bien plus confortable que la cave de la cour de la Vapeur et que les salles d’Yvremont ?Tiens, cette salle est de plain-pied, pas de problème d’accès par un ascenseur souhaité depuis si longtemps  comme dans les salles de réunions du 1er étage d’Yvremont ! (Cf. programme du GAMO de   1989).
Il est bien vrai que la vie culturelle d’Olivet ne peut pas faire concurrence à la proposition de la grande ville. Mais ne pourrait-elle pas trouver une spécificité bien à elle, qui arrive à  enrichir les propositions de l’agglomération et ainsi attirer des spectateurs de toutes les communes environnantes ?
Cela pourrait être, comme la mise en commun des espaces verts des villes composant l’agglomération : est-ce qu’il ne vient se promener au bord du Loiret olivetain que des olivetains ? Bien sûr que non ! Profitons de ces proximités pour enrichir les programmes culturels des habitants, échangeons nos spectacles, nos spectateurs, définissons des orientations plus ciblées dans les communes pour satisfaire les spectateurs et les enrichir par des programmations plus exigeantes ! Alors, on l’écrit ce programme pour la culture, à Olivet ?
Venez en discuter avec nous !

Des sans papiers à Olivet ?

Oui, et ils marchent sur nos trottoirs, font quelques maigres courses et leurs enfants fréquentent nos écoles et collèges… Notre commune aurait ainsi accueilli une grande part des « sans papiers » de l’agglomération. Est-ce accueillir que de décompter sur son territoire des gens casés à l’ex-gendarmerie par mesure préfectorale, des familles entassées dans des hôtels sans se soucier de ce qu’ils vivent et vont devenir ?
Quoi qu’on pense des flux migratoires, les faits sont là : par espoir, par nécessité, ou par illusion, nombre de gens ont pris le chemin de l’exil et se retrouvent entassés dans tel hôtel ou dans les locaux de l’ex-gendarmerie, confiés par la préfecture à la Croix Rouge. Les espoirs de régularisation entretenus par la circulaire Sarkozy de juin dernier ont été déçus par le traitement bureaucratique et désinvolte des dossiers, en particulier dans le Loiret. Le maire d’Olivet n’a pas cru bon d’organiser le « parrainage » d’enfants et de familles mais a prêté une salle et des élus (de la seule opposition, hélas…) se sont engagés. Des mesures ont assoupli la possibilité d’accès au centre aéré (mais non la procédure administrative). Une association comme le Secours populaire s’efforce d’œuvrer à l’alimentation des bébés, à la fourniture d’équipements et des parents d’élèves se mobilisent pour aider les copains de classe de leurs enfants. Un mouvement d’émotion et de solidarité a mené  des Olivetains à aider des familles « sans papiers » résidant dans notre commune. Ce sont souvent les mêmes qui s’associent pour aider au développement et à la scolarisation dans les pays d’origine ou pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme dans certains pays des Balkans, du Caucase, d’Afrique… Ici, trois priorités s’imposent.  L’appui aux demandes de régularisation. Trêve d’hypocrisie, les « 6924 » régularisations décomptées par le ministre/candidat Sarkozy ne sont pas les seules recevables. Aurait-on choisi délibérément de maintenir les refusés dans la marginalité et la tentation des combines ? Donner des papiers, c’est permettre l’insertion de ceux qui le souhaitent, leur donner la possibilité d’embauches légales. Cela, des élus de tout bord l’ont compris.
L’exigence d’hébergements d’urgence dignes de ce nom.  Chaque logement de l’ancienne gendarmerie est divisé en chambres qui accueillent chacune une famille, parfois cinq personnes dans une chambre. L’accès à la même cuisine, à la même salle d’eaux est commun à une vingtaine de personnes. Là où il fallait encadrer pour aider à l’auto organisation, assurer des permanences d’aide sociale, scolaire et sanitaire… il n’y a qu’un peu de gardiennage nocturne et de passages de bénévoles ?
L’attention prioritaire aux enfants. Certains ont le sourire… Mais pour combien de temps ? Ils lisent l’angoisse sur le visage des parents, ils vivent dans des chambres encombrées et surpeuplées, ils ne comprennent pas très bien ce qui leur arrive… Veut-on qu’ils n’apprennent que la méfiance et la clandestinité ? Veut-on former les « sauvageons » de demain ? Tant mieux si tel club permet à l’un de développer ses talents de footballeur (mais comment avoir la licence, sans papiers ?). Tant mieux si la présence d’un parrain et l’accueil chez un copain aident à voir que notre pays est aussi celui de la solidarité et de l’entraide et donc à l’aimer.
Humblement, au niveau local, sans prétendre peser sur l’ordre (ou le désordre) du monde, des gens agissent : une municipalité le devrait aussi !

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