Voilà un an, la liste Pour Olivet, citoyenne, écologique et solidaire faisait
campagne pour les municipales de mars 2008. La configuration était à la
fois habituelle (une nouvelle fois, l’union proposée par le Gamo aux groupes
d’opposition n’avait pu se concrétiser) et inhabituelle ( union partielle
avec A Gauche Pour Olivet… et présence d’une liste née des dissensions
de la majorité sortante et de brouilles locales entre Ump et Modem).
Les résultats ? Décevants pour OEA/PS et pour nous, encourageants pour
Alternative 2008… et inespérés pour la liste Saury qui, malgré une chute
spectaculaire par rapport à 2001, passait, de justesse, au premier tour,
gagnant avec 50,8% des voix, 26 élus… contre 7 pour l’ensemble des minoritaires.
Nous avons analysé ces résultats électoraux, mesurant le poids de la division à gauche, les insuffisances de notre campagne, l’habileté et les moyens de nos concurrents. Je présenterai, ici, mes impressions de conseiller municipal.
Etre conseiller municipal d’opposition, c’est, à Olivet, mesurer la part
qui nous est réservée : elle est nulle dans la représentation de la commune
dans les associations et organismes auxquels elle participe de droit. Au
conseil de l’AgglO, au CA de la maison de retraite ou de la Mjc, au Ca
du collège de l’Orbellière comme à Charles Rivière, comme à Françoise Dolto,
au Ca de l’Usmo, au Comité de jumelage, à l’office de tourisme intercommunal,,
à la Commission locale de l’Eau au Syndicat intercommunal du Bassin du
Loiret, au Syndicat Intercommunal d’Aménagement de la Loire et de ses affluents,
aux organismes de coopération intercommunale… j’en passe et des meilleurs…
partout la liste Saury s’est réservée l’exclusivité des sièges. Au point
de décourager, parfois, les minoritaires de présenter leur candidature :
tout était joué d’avance !
Ah, ils/elles saluent poliment, nos majoritaires, tous et toutes (enfin
presque). Ils n’incarnent pas la droite autoritaire et caricaturalement
rétro, on oublierait presque (sauf quand ils parlent des services publics)
qu’ils sont sarkophiles, mais ils ne vont pas jusqu’à admettre dans les
faits que les minoritaires représentent aussi les Olivetains. Naguère,
des efforts (risibles mais dignes de régimes totalitaires !) faisaient
que ces derniers n’apparaissent jamais dans le magazine municipal. Désormais,
les minoritaires, peuvent s’exprimer par écrit, à raison de 180 mots par
numéro, dans un texte remis six semaines avant parution… et nous cosignons
régulièrement, Odile Thomas et moi de petits articles appréciés. Avec les
autres minoritaires, les relations sont courtoises, c’est déjà ça. Et les
votes souvent convergent.
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J’ai à plusieurs reprises proposé aux partenaires qu’on se concerte régulièrement
sur les questions décisives, en matière de budget et d’équipement par exemple.
Mais certains préfèrent jouer perso.
Etre au Conseil municipal, c’est être davantage en prise avec la vie communale. Je siège à quatre commissions : Scolaire/jeunesse, Culture, Travaux/Foncier/informatique et Communication… Selon les dossiers, les adjoints concernés et les ordres du jour, l’intérêt varie, mais on peut échanger des idées, suggérer des améliorations, confronter des approches et apprécier la compétence des services. Les comptes rendus des commissions sont désormais transmis plus régulièrement aux conseillers… c’est un progrès en matière de démocratie interne. Des groupes de travail transversaux fonctionnent, vaille que vaille, sous l’impulsion d’élus majoritaires. Je participe aux groupes « Zéro pesticide », « Conseil(ex-municipal) des jeunes » et « Jumelage » et je fais partie du Conseil de quartier Centre. Etre minoritaire et actif, c’est aussi proposer, souffler des idées… et se les faire souffler. On a même, par instants, l’impression d’être utile…
Les conseils municipaux laissent une toute autre impression. Par tradition
et souci d’efficacité, les échanges y sont très formels. Pratiquement,
seuls s’expriment le maire, les adjoints concernés… et les minoritaires.
Les conseillers majoritaires semblent n’avoir aucun éclaircissement à demander,
aucune suggestion à apporter, aucune nuance à exprimer : à croire que les
délibérations leur paraissent toujours totalement limpides et judicieuses
(hypothèse bienveillante !) ou bien qu’ils ont trop peu étudié les dossiers
(hypothèse malveillante !) ou qu’ils comptent que les minoritaires porteront
le regard critique nécessaire… Ceux-ci préparent vraiment les conseils
municipaux, et pas seulement pour savoir comment voter ! Un groupe de travail
issu de la liste Poces nous épaule, Odile Thomas et moi, en permanence.
Nous ne sommes que deux, deux parmi sept minoritaires, deux parmi trente-trois
élus, mais nos interventions sont fréquentes, précises, argumentées. Nous
poursuivons-là le travail mené, avant nous par Jacques Guillet pour Agpo
et par mes ami(e)s du Gamo : Annick Flouret, Pierre Plisson, Xavier Sigmund,
Colette Hynek, Nicole Isambert et Jean-Claude Touray.
Assurant au conseil le rôle du « gamiste de service », je souhaite que,
sous la direction de Pablo Vasquez, le Gamo se renforce, que les obstacles
à l’union soient enfin levés et que … d’ici 2014, nous agissions pour que
s’écrive une nouvelle page, à Olivet, enfin citoyenne, écologique et solidaire !
Jean-Christophe Haglund
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